Des autochtones Ojibway et Cris ont habité cette région après la dernière glaciation, il y a 5 000 ans. On peut voir des traces de pictogrammes comme le montre en arrière-plan cette diapositive et des outils de chasse et des ustensiles de cuisine ont été trouvés à divers endroits dans toute la région. Ils dépendaient énormément des peaux d'animaux et des arbres de la région comme matières premières pour se confectionner des vêtements et des huttes. L'écorce servait à recouvrir leur hutte et leur canot, et le bois servait à la fabrication de canots, de raquettes, de toboggans, de pagaies, de plats et d'assiettes, et d'ossature pour leur hutte. Les peaux, en particulier celles d'orignaux, étaient transformées en vêtements, de même qu'en couverture de hutte et en contenants. Les peaux étaient aussi coupées en lanières pour les raquettes et les toboggans. La peau de lièvre, coupée en lanières et tissée, devenait des articles de literie douillets et chauds. Les mois d'été, les déplacements, tant courts que longs, se faisaient en canot pour éviter les marécages qui rendaient difficiles et lents les voyages sur terre. On utilisait des raquettes et des toboggans pendant les mois d'hiver.

Les Européens arrivèrent en quête de fourrures pour le marché européen, en particulier les peaux de castors, qui étaient recueillies, transportées vers le nord jusqu'à Moose Factory et puis expédiées en Angleterre où l'on en faisait du feutre pour la fabrication des chapeaux haut-des-formes. D'autres parcours servaient au transport des fourrures vers le sud par la rivière Ottawa et jusqu'à Montréal. Dans la région du Porcupine, il y avait trois postes de traite de la Compagnie de la baie d'Hudson et au moins un poste de la Compagnie du Nord-Ouest. Il y a deux siècles, il y avait une traite des fourrures active qui se faisait à partir de « The Cache » sur le lac Kenogamissi et de Frederick House sur le lac Frederick House. Des comptes rendus historiques du « massacre de Frederick House » en 1812 sont intéressants. Visitez le Musée de Timmins pour obtenir de plus amples détails.

Le développement du Nord de l'Ontario a eu lieu bien plus tard que dans le Sud de la province. La première carte montrant Toronto sur le lac Ontario fut dessinée en 1688. Deux siècles plus tard, vers la fin des années 1880, le gouvernement de l'Ontario se rendit compte de la possibilité de richesses minérales dans le Nord de l'Ontario. Pendant la construction de la voie ferrée dans le Nord, des travailleurs, qui faisaient sauter des rochers, découvrirent des gisements d'or et d'argent, les premiers indices du potentiel minier du Nord. Cela voulait dire qu'il fallait aller l'arpenter et en 1889-1890, Alexander Niven se vit assigner la tâche d'établir une base géodésique dans la région. L'histoire du méridien de Niven est un exploit d'arpentage qui émerveille encore de nos jours. En débutant à un point sur la nouvelle voie ferrée du Canadien Pacifique sur la limite de la région déjà arpentée d'Algoma-Nipissing, il a levé une ligne presque parfaitement droite vers le nord jusqu'à la rivière Moose, juste au sud de la baie de James, soit une distance de 480 milles (770 km), en traversant la forêt inconnue. Tous les levés se fondèrent par la suite sur cette ligne. Niven revint dans la région en 1899 et en 1900 pour lever deux bases géodésiques est-ouest pour les cantons de Tisdale et de Whitney, là où l'on découvrit de l'or neuf ans plus tard.

L'ère moderne débuta par la découverte d'or à l'ouest du lac Porcupine en 1909, même si des prospecteurs en cherchaient déjà depuis environ cinq ans avant que la chance ne leur sourie. La mine Dome, découverte par Jack Wilson, fut ainsi nommée à cause d'un grand affleurement de quartz en forme de dôme traversé par une veine d'or pur. Peu après, des prospecteurs trouvèrent deux autres affleurements massifs qui devinrent la mine McIntyre (en l'honneur de son découvreur, Sandy McIntyre) et la mine Hollinger (en l'honneur du prospecteur-découvreur Benny Hollinger). Seuls les chevalements des grandes mines Hollinger et McIntyre ont été préservés.

Le premier prospecteur que l'histoire a retenu s'appelait Reuben Daigle. En 1904, ayant reçu une avance de Noah Timmins, il vint prélever des échantillons d'affleurements rocheux qui devaient plus tard faire partie de la mine Hollinger au bord du lac Gillies. Il dut trouver quelque chose d'intéressant car il revint en 1905 avec une équipe de huit hommes et le matériel nécessaire pour une forge, tout un exploit pour l'époque, car tout devait être transporté de New Liskeard, qui était le terminus ferroviaire en ce temps-là. En 1909, Benny Hollinger trouva de l'or sur la même propriété. La mine prit son nom, mais malheureusement, il n'en profita pas beaucoup. C'est aussi le cas pour la plupart des prospecteurs qui ont trouvé de l'or dans la région du lac Porcupine, en vendant leurs droits à des compagnies minières pour quelques centaines de dollars, ils n'ont jamais profité beaucoup de leurs découvertes.

Un important événement dans la vie des premiers mineurs a été le grand incendie de 1911. Il a complètement rasé les petites villes de Timmins, de South Porcupine. On trouve une plaque près du Northern College sur la route 101 qui commémore cette catastrophe. De même, une plaque à Deadman's Point sur le lac Porcupine est un hommage silencieux aux nombreuses personnes qui perdirent la vie dans cet incendie meurtrier.

Le chemin Gold Mine (10 km)
Pour un intéressant voyage dans le temps, faites une promenade en voiture le long du chemin Gold Mine (anciennement appelé le « Back Road », parce qu'il constituait une autre route entre Timmins et South Porcupine). À partir du Centre d'information touristique à Schumacher, suivez la route 101 Est jusqu'à South Porcupine et tournez à droite à la première sortie vers South Porcupine. Prenez le premier chemin à droite, qui s'appelle le chemin Gold Mine. Plusieurs mines se trouvaient le long de ce chemin, mais de nos jours, seule la compagnie Placer-Dome, avec son immense mine à ciel ouvert, est toujours en exploitation. Les chevalements et les usines de concentration des autres mines ont été démolis, mais les restes des lotissements urbains sont toujours visibles du chemin.

Jusqu'en 1960, le trajet le long du « back road » de South Porcupine à Timmins vous aurait fait passer près de nombreuses mines en exploitation. La première aurait été la Dome à droite avec son chevalement rouge terne, qui a disparu depuis longtemps maintenant, son chevalement et son village ayant été sacrifié au profit de la super-mine à ciel ouvert. Un peu plus loin, vous auriez trouvé la mine Preston à gauche et après cela, vous auriez vu la mine Paymaster à droite. Il y a quelques années, la Dome a construit un nouveau chevalement à la mine Paymaster dans l'espoir d'en extraire encore de l'or. Ensuite, le chevalement et l'usine de concentration de la mine Buffalo Ankerite auraient été visibles. Pour un détour et pour voir de quoi avait l'air un village minier, tournez sur la propriété Buffalo Ankerite. Il y a là des maisons privées à présent, mais plusieurs des habitations minières originales y sont encore habitées.

En retournant sur le chemin Gold Mine et en poursuivant vers l'ouest pendant deux (2) kilomètres, vous arriverez à la petite collectivité de McDonald Hill. Du haut de la colline, vous pouvez voir de l'autre côté du lac MacDonald l'ancienne propriété Aunor où tout le monde allait se baigner à la plage de sable; on continue encore de s'en servir parfois de nos jours. Un peu plus loin, se trouve le chemin qui mène à la mine Delnite à gauche, où des gens continuent d'habiter sur la propriété de l'ancien village minier. Enfin, vous trouverez la mine Hollinger à droite, qui est devenu l'emplacement du Timmins Gold Mine Tour. Faites la visite guidée de cette mine d'or; elle en vaut la peine. L'entrée se trouve sur le chemin Park Road et elle est partagée avec le terrain de golf Hollinger Golf Club.

Chaque mine était dotée de maisons et d'une communauté dynamique habituellement assortie d'une équipe de hockey l'hiver et d'une équipe de baseball l'été. De chaudes rivalités existaient entre les populations des divers villages. L'aréna était bondée le samedi soir pour les parties de hockey opposant les diverses mines. Certains villages miniers jouissaient même d'un médecin en résidence, d'une piste de curling, d'une patinoire, de terrains de tennis, d'un champ de soccer et même d'un petit magasin dirigé par la compagnie à l'intention des habitants du village minier. Les gens qui y habitaient venaient de tous les coins du monde. Ils ont laissé un riche héritage de cultures que l'on célèbre encore de nos jours lors du festival des groupes ethniques.

HISTOIRE DU PORCUPINE